| Il a longtemps porté le nom de « mer de Berre », notre bel étang ! Fort de ses 15500 ha de superficie et de ses 900 millions de m3 d'eau, il trône là depuis la dernière grande glaciation, il y a environ 8000 ans. Son socle, fruit d'une forte et longue érosion, se remplit d'eau marine entrant par la passe dite de Caronte, lors du réchauffement post glaciaire. Au fil du temps, cette passe se combla de sédiments, isolant peu à peu l'étang de la mer. Les choses vont changer avec la venue des romains. En 104 avant J.C, les légions du général romain Caius Marius creusent le premier canal de Caronte entre la mer et la Méditerranée et ceci afin de créer un port abrité. A partir de cette époque et après d'autres creusements et aménagements divers tout au long des siècles, il s’établira dans l'étang, un équilibre quelque peu variable entre eau douce et eau salée. En 1926, l'ouverture du tunnel du Rove entre l'étang de Berre et la rade de Marseille permet d'instaurer une courantologie d'eau marine, le tunnel s'est effondré en Juin 1963. La première agression industrielle envers l'étang se fera dans le milieu du 19ème siècle avec l'implantation d'usines de soude très polluantes. Dans le premier tiers du 20ème siècle, deux sites ptrochimiques sont implantés autour de l'étang de Berre, qui seront la cause de nombreuses pollutions. Le trafic d'hydrocarbures est alors en pleine expansion. En 1938, on assiste à la première et la plus importante pollution accidentelle du plan d'eau avec l'arrachage d'un pipe-line immergé par l'ancre d'un navire. Les pêcheurs manifesteront leur colère. | Après 1945, les pollutions accidentelles s'accentuent, une autre marée noire se produira en 1952. Les pêcheurs entrent alors en conflit ouvert avec les industriels. En 1957 , la pêche est interdite dans l'étang. Interdite mais...tolérée ! En 1970, la pêche est partiellement autorisée, puis l'est totalement en 1994. Il faut préciser qu'entre temps, la pollution du plan d'eau par hydrocarbures baisse de 95%. Une autre pollution non négligeable viendra de l'absence de stations d'épurations qui seront implantées tardivement, sans oublier les eaux de ruissellement des bassins versants. La dernière pollution en date étant celle des rejets d'eau douce et de limon du canal de la Durance via la centrale EDF de St Chamas. Si l'homme n'a pas toujours respecté l'étang de Berre, celui-ci a, quand à lui, toujours été généreux envers notre espèce. De tout temps les hommes ont su exploiter ses richesses halieutiques. Au 4ème siècle avant J.C., les celto-ligures implantés à Rognac pêchaient des poissons, ramassaient des coquillage et se servaient de varech en guise de litière. Le varech, comme la salicorne, plante halophile, servit un temps dans le processus de fabrication de la soude au 19ème siècle. A ce jour, l'étang de Berre n'est pas totalement guéri de ses blessures passées. Il est en convalescence, même si sa santé reste fragile... |
